Fraîcheur, poésie, audace. Tout est là dans le regard franc et la musique de Jansi, jeune
artiste toulousaine qui jongle avec malice entre chanson et slam. En seulement 2 ans, ses
textes libres, son naturel et ses grands yeux bleus sous la casquette de gavroche font de
chacune de ses apparitions un moment solaire et inspirant. Première partie de Calogero,
vidéos qui passent le million de vues, Jansi brûle les étapes et ne laisse personne indifférent.
Sa sincérité fait se lever le public en live, son terrain de jeu préféré. Mais elle lui a aussi
permis d’enflammer les réseaux et d’obtenir le soutien amical de Big Flo et Oli après la
publication d’une Trend sur leur chanson “Mexico” qui résume bien l’originalité de son
projet, celui d’une équilibriste inclassable, aussi vive et insaisissable que Luffy, le héros du
manga One Piece qu’elle adore, amoureuse des élans d’un Jacques Brel comme de
l’humanisme slam de Grand Corps Malade. Christophe Crénel
Le goût des mots qui virevoltent est venu très tôt. Dès l’enfance, Jansi lit ses textes devant la
famille. Et puis, à l’adolescence, elle décide de les mettre en musique sur le piano offert par
sa grand-mère. Premières chansons et découverte du chant. Elle se fait remarquer en
partageant ses premières vidéos dans lesquelles elle reprend Dua Lipa, Imagine Dragons ou
U2 à sa façon, en français avec une partie slam. Jansi a du charisme et de l’énergie à
revendre. Elle se démultiplie, fait parler d’elle par ses exploits sportifs et obtient aussi son
diplôme d’ingénieur. Mais pas de quoi la détourner de ses rêves de musique, la flamme est
trop forte. Jansi plaque tout pour enregistrer en 2023 son premier EP « 35% », allusion aux
35% de jeunes qui seraient dans le plus grand flou artistique sur leur avenir. Jansi, elle, n’a
qu’une idée en tête, partager, communier avec le public en chantant ses chansons qui
s’écoutent un peu comme un journal intime, dévoilant ses peurs et ses doutes qu’elle
pimente d’une pointe d’espièglerie. Avec son nouvel EP “43 millions”, Jansi garde le cap tout
en s’ouvrant à de nouvelles thématiques. Elle exprime sa sensibilité sur des sujets graves en
gardant ce petit zeste de fraîcheur qui fait son charme. “43 millions” est un clin d’œil au
nombre de titres qui inondent le marché de la musique chaque année. « Même pas peur »
semble être la réponse de la jeune chanteuse au regard clair et au verbe libre. Son parcours
d’ex championne de patinage artistique et de roller l’a sans doute préparé aux victoires
comme aux chutes dont il faut vite se relever. Sa spontanéité en tous cas semble la protéger
de tout. Jansi sait qu’elle s’engage sur une patinoire tout aussi glissante mais elle conserve
son sourire frondeur, celui qui illumine ses clips ou la danse est souvent un autre héritage de
ses années tournoyantes. Sur son nouvel EP, sa voix douce, parfois mutine, s’écoute comme
celle d’une amie, une confidente un peu magicienne qui transformerait en confettis les
problèmes de l’existence. On se laisse porter aussi par sa musique et les arrangements
conçus avec son complice Saaya, mêlant piano, quelques programmations et une subtile
évocation des rythmes afro-latino qui la font vibrer. Avec “43 millions” Jansi affirme un peu
plus sa place singulière de raconteuse d’histoires sur des thèmes aussi universels que la
disparition d’un être cher (“Au revoir“) ou la difficulté de rester soi-même. Elle chante en
duo avec Bercé sur « La Ligne », reste sensible à l’actualité et ses ombres guerrières sur
“Déserteurs”, sans oublier “Inlove de l’impossible” qui illustre bien le feu qui anime Jansi,
funambule gardienne des rêves de l’enfance qui maintiennent en vie. Christophe Crénel